Je lis Laurence Devillairs,
“Je revois leur air satisfait parce qu’ils avaient obtenu, en me condamnant, leur content de pouvoir. Je ne crois pas en la responsabilité collective ; la faute est toujours et avant tout individuelle. Le collectif n’est que la somme des décisions particulières. On ne peut pas accuser les autres de la terreur et de l’humiliation qu’une institution exerce. Elle ne le peut que parce que chacun le permet. […]
Je l’ai compris trop tard et à mes dépens : la victime se trouve du côté de la faiblesse, et non de l’innocence injustement condamnée - “il n’y a pas de fumée sans feu”, “elle l’a bien cherché”. On voit dans son humiliation la preuve qu’elle avait tort. Elle est donc seule responsable de ce qui lui arrive. On oublie que c’est la brutalité des tyrans qui fait la vulnérabilité des justes. Car on aspire par-dessus tout à se trouver du côté du pouvoir, à évoluer dans son orbite, à être remercié, récompensé par lui”.
Elle formule là, en quelques lignes, ce que je pense : merci ! C’est vraiment génial de vivre ça, de lire quelqu’un qui a vécu, analysé, compris et qui diffuse cette (belle) lumière avec courage, détermination, et une puissance qui est celle de la pensée vraie, incarnée. Bravo !!! ça me met en joie, je partage…
Laurence Devillairs, Vengeance. Le droit de ne pas pardonner, Stock, 2026, p.62-63.