La pomme de pin

Pour A.

Il faut regarder autour de soi, tranquillement.

Des choses se signalent à nous. Tranquillement elles aussi, mais avec clarté. Telle la pomme de pin.

Elle est très belle en ce mois d’août. Parfaite, même, dans sa forme et ses proportions, dans ses spirales qui semblent obéir au nombre d’or.

J’en trouve au sol de formes très différentes. Ici, le pin sylvestre est endémique. C’est un très bel arbre, gracieux dans sa silhouette et résistant. Ses pommes ne sont pas très grandes, assez petites même, mais la rondeur légèrement étoilée de leurs écailles superposées offre une vision harmonieuse, une joie pour l’œil. Quand on regarde une pomme de pin bien conservée, que les intempéries n’ont pas abîmée et que nul pas n’a écrasée, on se sent bien.

Certaines portent de petites flammèches, disposées à intervalles réguliers autour de chaque étage, jusqu’à culminer en une petite couronne. Cette pomme de pin-là est comme une flamme vive, saisie dans du bois.

On les regarde et l’on a envie de jouer avec elles : projectiles légers, combats, luttes joyeuses sur la route.

Celles des Landes peuvent être énormes. D’autres sont minuscules. Toutes sont belles. Toutes ont cette matière étrangement légère.

Les pommes de pin, ce sont aussi le souvenir et la perspective des feux de bois. Avec l’une de mes voisines, nous allions les ramasser en masse en prévision de l’hiver, fourmis industrieuses et/ou sorcières complices des bois.

Et il suffit de prononcer « pomme de pin » pour sentir un parfum : un mélange de menthe et de sève collante, une odeur qui semble déjà dégager les voies respiratoires.

On en ramasse une, et c’est toute la forêt entière qui tient un instant dans la main.

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Chercher le regain 28 juillet 2026